Après trois saisons sur Disney+, Din Djarin et Grogu ont franchi une nouvelle étape avec leur premier film de cinéma. Réalisé par Jon Favreau, The Mandalorian & Grogu change d’échelle sans renier l’ADN de la série. Casting, coulisses, anecdotes, avenir de la franchise et figurines : retour sur un passage du petit au grand écran qui en dit long sur l’évolution de Star Wars.
Du streaming au cinéma : un changement d’échelle
Sorti en France le 20 mai 2026, The Mandalorian & Grogu marque une étape importante pour la franchise Star Wars. En effet, pour la première fois, un duo directement issu d’une série Disney+ devient la tête d’affiche d’un long métrage destiné aux salles. Derrière la caméra, le projet reste pourtant solidement ancré dans l’univers de la série. Jon Favreau, créateur de The Mandalorian, réalise le film et participe au scénario. Avec Dave Filoni et Noah Kloor. Quant à Ludwig Göransson, il retrouve également la musique, élément essentiel de l’identité sonore de la série.
En fait, le changement se joue surtout dans les ambitions visuelles. Pensé pour le cinéma et tourné notamment pour l’IMAX, le film conserve une partie des méthodes développées sur The Mandalorian. Tout en leur donnant une dimension plus spectaculaire. Industrial Light & Magic poursuit notamment le travail autour des décors virtuels, des effets numériques et des techniques de tournage développées avec le StageCraft.
L’objectif n’était donc pas de simplement produire un épisode plus long. The Mandalorian & Grogu devait fonctionner comme une véritable aventure Star Wars sur grand écran, tout en restant immédiatement identifiable.
Din Djarin et Grogu : une relation qui a changé
Lorsque le public découvre Din Djarin en 2019, le Mandalorien est avant tout un chasseur de primes solitaire. Sa mission consiste à récupérer un mystérieux enfant pour le remettre à ses commanditaires. Mais, six ans plus tard, la situation a radicalement changé. Grogu est, en effet, devenu son compagnon, son protégé. Et, dans une certaine mesure, son apprenti. La relation entre les deux personnages constitue même l’un des principaux moteurs de l’histoire. Après la chute de l’Empire, la Nouvelle République doit encore composer avec des factions impériales dispersées dans la galaxie. Elle fait alors appel à Din Djarin pour une nouvelle mission, dans laquelle Grogu n’est plus seulement le petit personnage à protéger. Le film accompagne ainsi une nouvelle étape de son évolution. Grogu maîtrise davantage la Force et a déjà reçu une formation auprès de Luke Skywalker. Jon Favreau a d’ailleurs présenté cette aventure comme une forme de passage vers l’âge adulte pour le jeune personnage. C’est un changement intéressant pour une figure qui, malgré son apparence enfantine, appartient à une espèce dont l’espérance de vie est très différente de celle des humains.
Pedro Pascal, Sigourney Weaver et Jeremy Allen White au casting
Pedro Pascal reste l’interprète principal de Din Djarin. Mais comme dans la série, le personnage repose sur un véritable travail collectif dès qu’il revêt son armure. Brendan Wayne et Lateef Crowder participent notamment aux scènes physiques et aux séquences d’action. Pedro Pascal assure quant à lui une grande partie de l’interprétation vocale et du travail du personnage. Le film accueille également deux visages particulièrement connus. D’abord Sigourney Weaver, figure incontournable de la science-fiction depuis Alien, rejoint l’univers Star Wars. Elle a le rôle du colonel Ward, responsable des Adelphi Rangers de la Nouvelle République. Autre arrivée remarquée : Jeremy Allen White, connu notamment pour la série The Bear. Il prête sa voix à Rotta le Hutt. Et ce choix permet justement au film de renouer avec une vieille histoire de Star Wars.
Rotta le Hutt : le fils de Jabba fait son retour
Rotta n’est pas un nouveau venu dans la galaxie lointaine, très lointaine. En effet, le fils de Jabba le Hutt était déjà apparu dans Star Wars: The Clone Wars en 2008. Alors qu’il n’était encore qu’un bébé. Puis, près de vingt ans plus tard, le personnage revient sous une apparence radicalement différente. Le Rotta de The Mandalorian & Grogu est devenu un Hutt beaucoup plus imposant et physiquement impressionnant. Son design conserve certains éléments de son origine. Tout en lui donnant une personnalité visuelle propre. Cette évolution permet également à Jon Favreau de jouer avec l’image traditionnelle des Hutts. Là où Jabba est principalement associé au pouvoir, à la richesse et à la manipulation, son fils apparaît davantage comme un personnage tourné vers l’affrontement. Son retour crée surtout un pont intéressant entre plusieurs générations de Star Wars : The Clone Wars, l’héritage de Jabba et le nouvel univers développé autour de The Mandalorian.
Grogu, une marionnette au cœur d’un énorme travail technique
Il y a une autre particularité de The Mandalorian & Grogu qui mérite d’être soulignée : Grogu reste principalement une marionnette animatronique. À l’heure où les personnages numériques sont devenus omniprésents au cinéma, le choix peut sembler presque anachronique. C’est pourtant précisément ce qui contribue à la présence très particulière du personnage à l’écran. De fait, plusieurs opérateurs sont nécessaires pour faire vivre Grogu. Selon les scènes, ils peuvent être quatre ou cinq, voire davantage. La marionnette a également été perfectionnée pour le film. Afin de lui permettre de participer à des séquences plus complexes et plus physiques. Jon Favreau continue même à s’adresser directement à Grogu pendant les prises de vues, comme s’il était un véritable comédien. Une méthode déjà utilisée sur la série, qui facilite les interactions avec les autres acteurs. Les effets numériques viennent ensuite compléter le travail des marionnettistes. Cette approche rejoint finalement l’une des grandes traditions de Star Wars : mélanger les effets numériques les plus modernes avec des techniques de fabrication beaucoup plus concrètes.
Le surprenant « Rotta Roll »
Rotta a lui aussi bénéficié d’un important travail de préparation physique. Sur le plateau, le cascadeur Richard Cetrone permettait notamment aux acteurs de disposer d’une véritable présence face à eux. Une tête géante conçue par Legacy Effects pouvait également être utilisée afin de conserver des lignes de regard cohérentes. Mais les équipes d’animation ont surtout imaginé un mouvement devenu suffisamment caractéristique pour recevoir son propre surnom : le « Rotta Roll ». Le principe ? Le jeune Hutt se laisse tomber au sol avant de rouler rapidement vers ses adversaires. Une idée à la fois spectaculaire et franchement amusante, qui illustre bien la volonté du film de conserver une part de fantaisie dans son bestiaire.
Quand Star Wars rend hommage à ses propres jouets
C’est peut-être l’un des aspects les plus intéressants pour les collectionneurs. Star Wars entretient depuis 1977 une relation particulière avec les jouets et les produits dérivés. Certaines créations destinées aux enfants ont même fini par influencer l’imaginaire visuel de la saga. The Mandalorian & Grogu assume cette histoire. Jon Favreau et ses équipes se sont notamment inspirés de jouets Kenner pour certains éléments du film. Dont une capsule d’évacuation inspirée de véhicules qui n’avaient pas nécessairement été conçus à l’origine pour apparaître à l’écran. Cette démarche rappelle que les jouets Star Wars ne sont pas uniquement des produits dérivés fabriqués après les films. Ils font partie intégrante de l’histoire culturelle de la franchise. Vaisseaux, armures, créatures et personnages sont depuis longtemps pensés aussi bien pour le cinéma que pour l’imaginaire des collectionneurs. Rotta illustre parfaitement cette continuité. Né dans l’animation, réinventé pour le cinéma et désormais décliné sous différentes formes, le personnage traverse les époques et les supports.
Alors, le pari du cinéma est-il réussi ?
Le passage de The Mandalorian au cinéma était forcément risqué. La série avait trouvé son identité sur Disney+ avec un format qui permettait de développer progressivement ses personnages et ses intrigues. Le film devait, lui, proposer une aventure suffisamment spectaculaire pour justifier le déplacement en salle. Les critiques ont été partagées. Certains ont salué l’action, la réalisation et l’efficacité du duo Din Djarin-Grogu, tandis que d’autres ont estimé que le film conservait parfois les mécanismes d’un épisode de la série.
Le public s’est montré plus réceptif. Surtout, The Mandalorian & Grogu démontre quelque chose d’important pour Lucasfilm : les personnages nés sur Disney+ peuvent désormais devenir des figures cinématographiques à part entière. Le pari n’est donc pas uniquement celui d’un film. Il concerne aussi l’évolution de la manière dont Star Wars peut raconter ses histoires.
Et pour les collectionneurs ?
C’est naturellement là que le passage au cinéma devient particulièrement intéressant. Depuis 2019, Din Djarin et Grogu ont été déclinés dans de nombreuses gammes de figurines et de statuettes, à différentes échelles et avec des niveaux de finition très variés. Black Series, Vintage Collection, statues ou pièces plus haut de gamme : le duo est devenu incontournable dans l’univers des produits dérivés Star Wars. Le film ouvre logiquement la porte à de nouvelles interprétations. Nouveaux designs, nouvelles armures, nouveaux personnages et nouvelles créatures peuvent enrichir les collections. Rotta le Hutt est particulièrement intéressant dans cette perspective puisqu’il relie directement The Mandalorian & Grogu à The Clone Wars et à l’héritage de Jabba. Mais pour un collectionneur, l’intérêt ne consiste pas forcément à acheter « la nouveauté du moment ». Les différentes versions d’un personnage racontent aussi son évolution. Comparer un Din Djarin de la première saison avec une version inspirée du film permet de mesurer les changements de costume, d’équipement et de design au fil des années. C’est cette dimension que les figurines Star Wars peuvent apporter lorsqu’elles sont replacées dans leur contexte : elles deviennent une manière de suivre l’histoire de la saga autrement.
Quelle suite pour Din Djarin et Grogu ?
La question se pose désormais naturellement. À ce jour (octobre 2026) aucune saison 4 de The Mandalorian n’a été officiellement annoncée. La série compte trois saisons et le duo a désormais effectué son passage au cinéma. Cela ne signifie pas pour autant que l’histoire de Din Djarin et Grogu est définitivement terminée. Le film laisse suffisamment de possibilités pour imaginer de nouvelles aventures, mais aucune suite cinématographique n’est officiellement confirmée à ce stade. En revanche, l’univers développé autour de Dave Filoni continue de s’étendre.
Ahsoka revient en 2027
Ainsi, la saison 2 d’Ahsoka est annoncée sur Disney+ pour le 20 janvier 2027. Rosario Dawson reprend évidemment le rôle d’Ahsoka Tano, tandis que Hayden Christensen revient en Anakin Skywalker. Eman Esfandi retrouve également le personnage d’Ezra Bridger et Natasha Liu Bordizzo celui de Sabine Wren. La série constitue un élément important du grand ensemble narratif développé autour de The Clone Wars, Rebels, The Mandalorian et des autres productions de cette période. L’avenir de Star Wars ne se joue donc pas uniquement au cinéma. Les séries continuent de jouer un rôle essentiel dans la construction de cette nouvelle génération de personnages.
Et le prochain grand film Star Wars sera Starfighter
Le calendrier cinématographique commence également à se préciser. Star Wars: Starfighter, réalisé par Shawn Levy, est officiellement prévu pour le 28 mai 2027. Le film sera porté par Ryan Gosling dans le rôle de Kade Auberon, aux côtés notamment de Matt Smith, Mia Goth et Amy Adams. Particularité importante : il s’agira d’une aventure indépendante, située environ cinq ans après les événements de L’Ascension de Skywalker. Ce choix permet à Lucasfilm de regarder au-delà des histoires déjà connues et d’explorer une période encore peu exploitée de la chronologie Star Wars. Pour les fans comme pour les collectionneurs, c’est aussi le signe que la franchise continue de chercher de nouveaux personnages et de nouveaux designs, plutôt que de se limiter aux figures historiques de la saga.
Dave Filoni au cœur de la nouvelle ère Star Wars
Autre changement majeur : la direction créative de Lucasfilm évolue. Dave Filoni occupe désormais le poste de président et Chief Creative Officer de Lucasfilm aux côtés de Lynwen Brennan. Son parcours donne forcément un poids particulier à cette nouvelle organisation. Collaborateur de George Lucas sur The Clone Wars, créateur de Star Wars Rebels et figure centrale de The Mandalorian et Ahsoka, Filoni est l’un des principaux architectes du Star Wars contemporain. Son influence sur les prochaines années de la franchise sera donc particulièrement intéressante à suivre.
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